Invasion biologique

Dans le domaine de l'écologie, la notion d'«invasion biologique» a été définie par Williamson en 1996 comme, sur une période identifiable à l'échelle des temps géologiques ou paléontologique, une «invasion» caractérisée par l'accroissement...

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Des espèces introduites hors de leur contexte naturel (ici Kudzu envahissant la lisère) peuvent devenir invasives et perturber les écosystèmes, voire induire la disparition d'espèces autochtones

Dans le domaine de l'écologie, la notion d'«invasion biologique» a été définie par Williamson en 1996 comme, sur une période identifiable à l'échelle des temps géologiques ou paléontologique, une «invasion» caractérisée par l'accroissement durable de l'aire de répartition d'un taxon (qu'il s'agisse d'une ou de plusieurs populations, et que cette invasion soit naturelle ou d'origine anthropique).
L'expression est habituellement utilisée pour des plantes ou animaux que pour des pathogènes microbien de l'homme ou d'animaux domestiques, mais l'épidémiologie traite aussi d'invasions biologiques.
Des invasions biologiques occasionnelles se sont produites à grandes échelles aux échelles géologiques[1] participant à l'évolution des espèces. Mais depuis quelques siècles et plus encore depuis quelques décennies, l'Homme a fortement accéléré ce processus au point qu'il est désormais reconnu comme la seconde cause de déclin accéléré de la biodiversité, juste après la destruction et fragmentation des habitats[2], auquel il participe.

L'homme est - depuis la préhistoire, mais de manière très exacerbée depuis 3 siècles - la cause d'introductions volontaires et involontaires d'espèces allochtones [3] ; de trois manières :

- Introduction directe d'espèces allochtones (Ex : espèces cultivées, chassées, élevées, animaux de compagnies, dont NAC, arbre d'ornementation ou de sylviculture), mais également via le transport des biens et personnes (aérien et maritime surtout, via les eaux de ballastage de cargos et péniches.. ),
- Modification anthropique des habitats (Ex : creusement de canaux reliant deux bassins versants ou deux mers (Canal de Panama, Canal de Suez), bandes végétalisées homogènes (ex : Alignements de clones d'ormes dans le bocage et long de certaines routes, favorable à la diffusion de la Graphiose de l'orme, alignements de clones de peupliers le long de canaux, favorable à la diffusion de la rouille du peuplier, plantations monospécifiques de rosacées qui ont pu propager le feu bactérien le long des bandes centrales des autoroutes... )
- Modification de la structure des écosystèmes et des réseaux trophiques : surtout dans le vieux monde où l'agriculture intensive a précocement contribué à une banalisation des paysages et des réseaux trophiques, alors que dans le même temps, la traque et la chasse des grands prédateurs (ont en Australie depuis 10 000 ans) faisaient disparaitre les grands prédateurs. L'introduction du chien, du rat, du chat, du mouton ou de bovins et caprins dans de nombreuses îles a été une cause fréquente de régression rapide de la biodiversité.

Toute espèce introduite ne deviendra pas invasive. Williamson, au milieu des années 90 a estimé que seules 10 % environ des espèces introduites hors de leur milieu survivent, et que parmi celles-ci seules 10 % pulluleront ou génèreront des «perturbations majeures» [4]. Cependant, ce taux empirique sous-estime peut-être la réalité, alertait Wilson en 1993, car certaines espèces nécessitent un temps important avant de former des population assez significatives pour développer tous leurs impacts écologiques. De plus cette cause et ses impacts peuvent aussi ne pas être immédiatement perçus[5] ou confondus avec d'autres causes. Parfois les effets brutaux d'une invasion biologique semblent pouvoir s'atténuer avec le temps, après un premier choc, pouvant alors ne pas même avoir été repéré par l'Homme.

Types d'invasions biologiques

Pour une espèce, ou quelquefois une petite communauté d'espèces, on distingue :

On peut aussi classer les invasions selon les milieux qu'elles concernent (aquatiques, terrestres, aériens), mais des effets en cascades peuvent ensuite potentiellement concerner tous les milieux, ou selon leurs impacts socio-économiques (Cf. notion discutée de nuisibilité).

Définitions

Plusieurs définitions de la notion d'invasion biologique (Williamson, 1996 i. a. ) ont été produites depuis Elton (1958).

Une définition plus précise retenue en France[6] est la naissance durable, dans une nouvelle partie de son aire de répartition, d'une ou de plusieurs populations pérennes d'une espèce animale, végétale ou fongique, (microbienne ou virale peut-être), que cette apparition soit ou non d'origine anthropique, à condition que la population en question se reproduise sans apports extérieurs nécessaires (cette définition ne prend pas en compte des espèces domestiquées qui ne survivraient pas sans l'aide de l'Homme).

Une espèce est dite[7] "invasive", selon l'«Invasive Species Specialist Group» (ISSG) de l'UICN (Union mondiale pour la Conservation de la Nature et des Ressources naturelles) lorsque s'étant établie dans un nouveau domaine géographique (écosystèmes ou habitats naturels ou semi-naturels), elle y devient un agent de perturbation qui nuit à la diversité biologique.

Il faut en fait parler de populations invasives et non d'espèces invasives car le vocable d'espèce regroupe toutes les populations, même celles de l'aire d'origine qu'on ne peut qualifier d'invasive. L'UICN n'utilise d'ailleurs ce qualificatif (invasif) seulement pour les invasions biologiques d'origine anthropique[8]

Une espèce introduite dans un milieu naturel, et qui y établie des populations durablement viables est dite «établie» ou «naturalisée». Elle est dite «acclimatée» si un grand nombre d'individus sont présent dans un milieu sans qu'il s'y reproduise avec un succès suffisant pour y produire une ou plusieurs population (s) pérenne (s) à l'époque reconnue.

Notion d'espèces autochtone et allochtone

Elle est au cœur de l'étude des invasions biologiques.

Selon les définitions retenues en France par l'INRA, le CNRS et le Muséum, En zone tempérée ou nordique ;

À titre d'exemple, on estime que 154 espèces de vertébrés sont ou ont été allochtones en France depuis l'Holocène, dont plus de 50 % avaient systématiquement été absents de France avant la dernière glaciation. Et aucune de ces espèces n'avait en tous cas occupé toutes les régions biogéographiques de la France.

Le cas des îles ou de régions spécifiques peut être plus complexe (certaines îles comme la Grande Bretagne étaient reliées au à un continent durant la glaciation). À titre d'exemple, l'Ours brun (Ursus arctos) était autochtone en France continentale, mais une population en a été introduit en Corse à la fin du Moyen Âge. Elle y a produit des populations marronnes avant de disparaître dans le courant du XVIIe siècle. L'Ours brun est reconnu comme autochtone en France continentale, mais non en Corse.

L'allélopathie peut expliquer le caractère invasif de certaines espèces allochtones, surtout parceque ces dernières peuvent fortement mofidier la composition floristique et faunistique du milieu, soit en défacilitant d'autres espèces (autochtones ou allochtones), soit en les facilitant[9].

Histoire et taux ou vitesse d'invasion

La paléoécologie montre que des processus naturels de recolonisation, quelquefois rapides, ont eu lieu dès la fin des glaciations, à partir de zones-refuges. Il s'agissait de recolonisation de zones vidées de leurs espèces par les glaces. Le processus actuel d'invasion par des populations d'espèces allochtones, induites par l'Homme implique une brutale - ou discrète mais durable - mise en compétition de ces invasives avec des espèces et communautés qui ont depuis des milliers d'années formé des équilibres écologiques. Ce processus anthropique a débuté dès la fin de la préhistoire, et a en Europe progressé au XIVe puis au XVIe siècle, puis il a augmenté de manière exponentielle au début du XIXe siècle avec les grands travaux (canal de Panama et canal de Suez à l'origine des invasions dite «lessepsiennes»[10]), et enfin avec la croissance exponentielle des transports par rail, route et bateau.
À titre d'exemple ;

Impacts

Ils sont mal connus : pour 75 % des espèces introduites et invasives, il n'y a eu selon l'INRA/CNRS aucune évaluation des impacts écologiques ou socio-économiques, et aucune mesure de gestion spécifique. Mais on peut penser que les impacts sur la biodiversité sont très importants (Il y a consensus mondial : sur le fait que les problèmes posés par les espèces invasives iront croissant, sur le fait qu'elles sont la deuxième causes de régression de la biodiversité (après la destruction des habitats) à laquelle elles contribuent quelquefois), et une source de risque en termes de maladies émergentes (Cf. peste importée en Europe avec le rat noir ou vibrion cholérique, introduit d'Amérique du Sud, dans les eaux de ballasts de navires de commerce.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Notes

  1. Darwin, 1859 ; Mac Arthur & Wilson, 1967 ; Wilson, 1969
  2. MACNEELY et STRAHM, 1997
  3. VIGNE, 1994
  4. Williamson, 1996
  5. Vigne & Valladas, 1996
  6. Évolution holocène de la faune de Vertébrés de France, invasions et disparitions (INRA, CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle. Rapport au ministère de l'Écologie et du Développement durable (Direction de la Nature et des Paysages), Paris, France. Version définitive du 10 juillet 2003 : 381 pages).
  7. IUCN, Anonyme, 1999
  8. Shine et al., 2000
  9. Gomez-Aparicio L., Canham C. D. ; 2008. Neighbourhood analyses of the allelopathic effects of the invasive tree Ailanthus altissima in temperate forests. Journal of Ecology 96 : 447-458 (12 p., 3 tab., 2 fig., 70 réf. )
  10. Por, 1978 & 1990 i. a
  11. Source : Philippe CLERGEAU, dans [http ://www. senat. fr/opecst/actes_biodiversite/actes_biodiversite1. html table ronde "Protéger la biodiversité ]

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